La colère ne retombe pas, et elle ne retombera pas
Parce que
– Lyhanna, c’est le meurtre de trop.
* Lyhanna aurait pu être sauvée.
Parce que
– * son meurtrier présumé aurait dû être sous les verrous depuis longtemps*
* 2017 premier signalement
* 2002: une plainte pour mineure classée sans suite
Parce que, encore une fois, la parole des filles, des femmes, des mères n’a pas été entendue
84% des violences sexuelles contre les enfants sont des filles mineures et des femmes et ne sont toujours pas traitées comme une priorité.
La justice est sous-dotée, les forces de l’ordre sous-formées, et l’État défaillant.
En conséquence : La justice ne protège ni les enfants ni les femmes.
En Martinique comme ailleurs, combien de Lyhanna passées… et combien à venir si rien ne change ?
– 2025, 1000 signalements, et 132 procédures ouvertes pour agressions sexuelles et viols sur mineur·es.
– Combien de pédocriminels, d’incesteurs, de violeurs récidivistes circulent encore librement ?
Dans un territoire où tout le monde se connaît, les victimes n’osent pas parler.
Elles savent que la justice ne leur sera pas toujours rendue.
Pourtant, certaines condamnations — dont celle d’un violeur en série en 2025 — ont été possibles parce que des victimes ont eu le courage de dénoncer.
Nous dénonçons la double peine pour les victimes et leur famille : l’absence d’informations sur l’avancement de la procédure, l’attente de l’enquête, du jugement et le choc psychologique lorsque la plainte donne lieu à un classement sans suite ou un non-lieu, ce qui est souvent le cas.
Et combien de mères sont empêchées de protéger leur enfant, contraintes de le remettre à un père incesteur au nom du “lien parental” ?
Nous demandons que l’on cesse de vouloir faire taire les lanceuses d’alerte, dont les dénonciations ont déjà sauvé des vies.
Nous exigeons que les victimes d’inceste soient entendues, soutenues, protégées, et non rejetées par leur famille ou leur entourage.
La société martiniquaise doit avoir le courage de regarder la réalité en face : protéger les victimes, pas les agresseurs.
Nous demandons aussi que les hommes — les pères, les frères, les amis — participent activement au changement :
Parce que 96 % des agresseurs sexuels sont des hommes : impossible de transformer la société sans eux!
Une loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles, construite avec des organisations féministes et de défense des enfants, a été déposée le 2 décembre 2025.
Elle propose une réforme globale : prévention, protection, justice, accompagnement, réparation.
Nous exigeons que cette loi soit votée et financée immédiatement.
Pour qu’il n’y ait plus jamais une autre Lyhanna.




