Je suis mineure

Les différentes formes de violences

Consentement sexuel des adolescents

Violences dans le couple

Violentomètre

L’inceste

Sexualité : je me pose des questions

Viols et agressions sexuelles

Harcèlements

Prostitution

Ma relation est saine ?

Si tu te poses des questions sur ta relation avec ton ou ta partenaire, c’est que tu doutes.

Tu fais bien de te renseigner. Avant tout, il est important que tu comprennes qu’il n’y a pas d’obligation à être en couple, d’avoir un copain, d’avoir des relations sexuelles.

Tu le fais si et seulement si tu en as envie ; que c’est ton choix.

Une relation équilibrée renforce la confiance en soi

Une relation qu’elle soit de couple, amoureuse ou juste un flirt, est saine, si elle est sincère, juste et réciproque. 

Dans une relation saine, les partenaires se respectent mutuellement. Ils se soutiennent, partagent et échangent. Chacun·e se sent en sécurité sur le plan affectif comme physique. C’est dans une relation équilibrée que tu auras une vie heureuse et épanouie. Une relation saine renforce ta confiance en toi.

Les signes d’une relation saine :

  • les partenaires restent eux-mêmes et n’essayent pas de changer pour plaire à l’autre (authenticité) ;
  • les partenaires peuvent discuter sans soucis y compris de leurs problèmes, désaccords ou de leurs inquiétudes (honnêteté) ;
  • il y a une écoute mutuelle, chacun·e se soucie de ce que pense ou ressent l’autre (bonne communication) ;
  • soutien et respect réciproque, consentement respecté (respect) ;
  • conviction que le partenaire n’essaiera pas de blesser émotionnellement ou physique (sentiment de sécurité) ;
  • savoir qu’on peut compter sur son/sa partenaire, qui soutiendra et protègera  (confiance) ;
  • les relations sont justes et les efforts sont faits de part et d’autre (égalité) ;
  • les deux partenaires se soutiennent en cas de difficultés, assistent aux évènements importants (soutien).
Quand douter de la qualité de ta relation

Il n’y a pas de quoi s’alarmer s’il y a des disputes, de temps en temps. C’est normal. Les conflits reflètent un désaccord ponctuel. Ils permettent d’exprimer ce qu’on ressent.

Par contre, si, dans ta relation, tu te sens anxieuse, confuse, incertaine, voire en danger, alors tu vis une relation toxique. Dans cette relation à sens unique, ton/ta partenaire « profite » de toi, te dévitalise, fait chuter ton moral, voire te manipule.

Il n’est pas toujours facile de reconnaître une personne toxique. Il faut parfois un certain temps, la côtoyer longtemps pour s’en apercevoir.  

Pour information, les personnes toxiques ne se retrouvent pas que dans les relations amoureuses ou intimes. Elles peuvent être : un·e membre de ta famille (y compris tes parents), un·e camarade de classe, un·e ami, un·e collègue, voisin·e…

Violentomètre

Sexualité : je me pose des questions

Tu te poses des questions sur la sexualité en général. Tu as raison de t’informer.

C'est quoi ?

La sexualité, ce sont toutes les comportements qui impliquent ton corps pour prendre du plaisir à plusieurs ou seul·e, ou pour la reproduction. La sexualité évolue toute notre vie.

Tout d’abord, nous insistons sur le fait que tu peux avoir des activités sexuelles si et seulement si tu le désires ; que c’est ton choix, que tu n’es pas contrainte par quelqu’un ou que tu n’es pas contrainte par une autre personne.

Connaître mon sexe

Tu te poses des questions sur l’anatomie et le fonctionnement de ton sexe. Tu as raison de vouloir comprendre ton intimité. C’est important. Pour la connaître tu peux t’observer à l’aide d’un miroir.

L’appareil génital de la femme se compose :

  • du pubis ou Mont de Vénus (os du bassin et zone couverte de poils correspondante entre le bas-ventre et l’organe sexuel) ;
  • de la vulve (ce que l’on voit à l’extérieur : frein, gland du clitoris, tige, urètre, petites et grandes lèvres, entrée du vagin) ; 
  • du vagin (canal qui relie la vulve à l’utérus) ;
  • et de l’utérus.
Les petites lèvres

Les petites lèvres servent à protéger le clitoris, l’entrée vaginale, le vestibule et l’urètre. 

8 femmes sur 10 ont les petites lèvres qui dépassent les grandes lèvres. Donc pas de complexe, ton vagin est normal !

Elles ont tendance à grandir au moment de la puberté et avec l’excitation pendant un acte sexuel en raison du flux sanguin.

Elles peuvent s’atrophier et être moins gonflées généralement avec la ménopause mais cela n’altère par le plaisir.

La couleur des petites lèvres varie (gris, rose, noir…).
Leur teinte n’est pas liée à celle de la peau du corps.

Le clitoris

La proéminence que tu vois au point de jonction des petites lèvres, à l’intérieur de la vulve, c’est le clitoris (sa partie émergée). Sa taille peut varier d’une femme à une autre.

Une anatomie proche de celle du pénis

D’un point de vue anatomique, clitoris de la femme et pénis de l’homme sont équivalents. D’ailleurs ils dérivent tous deux de la même structure embryonnaire. 

En forme de Y, le clitoris a deux parties : une partie visible et  9/10e  invisibles.

Ce que l’on voit sont le gland et le prépuce (ou capuchon) qui protège le gland comme chez l’homme. Comme le pénis, le gland rentre en érection en cas d’excitation (3 à 6 mm au repos et jusqu’à 6 voire 10 mm lors de l’excitation). 

Dans la partie interne, ses deux racines (de 10 centimètres entre le vagin et l’urètre) sont situées sous les petites lèvres, à l’intérieur du vagin.

Cet organe a longtemps été négligé. Pourtant, il joue un grand rôle dans l’excitation et le plaisir féminins. Très vascularisé et extrêmement sensible, cet organe est une zone érogène exclusivement dédié au plaisir.

Les caresses des doigts, des lèvres, de la langue, des frottements réguliers ou par un vibromasseur excitent rapidement le clitoris. Elles procurent un plaisir et un bien-être intense aux femmes (orgasme). Lorsqu’il est excité, le clitoris se remplit de sang et libère alors de l’ocytocine (hormone du plaisir).

Les règles

Les règles, ou aussi appelées les menstruations, chez la femme désignent l’écoulement de sang qui provient de l’utérus et qui se produit chaque mois.
C’est un phénomène normal et sain. Selon les femmes, elles durent entre 3 et 7 jours. Elles surviennent à la puberté (généralement entre 10 et 16 ans).
La jeune fille est alors prête à accueillir une grossesse. Les règles s’arrêtent à la ménopause.

Les règles peuvent disparaître à différentes occasions :

  • lorsque la femme est enceinte ;
  • à la ménopause ;
  • à l’utilisation de contraceptifs comme avec le stérilet hormonal ;
  • en cas de maladie chronique ou grave ou de perte de poids importante.

Le cycle menstruel

Le cycle menstruel commence au 1er jour des règles jusqu’au 1er jour des règles suivantes. Il dure 28 jours en moyenne. Il varie d’une femme à une autre. Il peut être plus court ou plus long (21 à 35 jours).

Ce sont les hormones sécrétées par deux structures du cerveau (l’hypophyse et l’hypothalamus) en début de cycle qui régulent ce cycle.

En milieu de cycle, l’ovaire expulse un ovule. Cet ovule descend dans les trompes de Fallope pour se diriger vers l’utérus. En même temps, la paroi de l’utérus s’épaissit (endomètre) sous l’effet d’hormones produites par l’ovaire. L’utérus se prépare à recevoir un ovule fécondé, autrement dit une grossesse. 

S’il y a rapport sexuel, les spermatozoïdes qui entrent dans le vagin par pénétration, tentent de remonter dans les trompes pour rejoindre l’ovule. Lorsqu’un spermatozoïde a pénétré l’ovule, l’ovule fécondé (zygote) va se nicher dans la paroi utérine.

S’il n’y a pas fécondation (rencontre entre l’ovule et un spermatozoïde), l’ovule produire moins d’hormone. Cela produira un détachement du surplus de la paroi utérine et son évacuation par le vagin : les règles ou menstruations.

Une fois ce cycle terminé, un autre recommence.

Si les règles ne surviennent pas après un rapport sexuel non protégé et en l’absence de contraception, il est recommandé de faire un test de grossesse.

Les douleurs de règles

Alors que certaines femmes n’éprouveront aucun symptôme lors de leurs règles d’autres ressentiront des gênes au niveau du ventre causées par les contractions du ventre.  Ces symptômes sont normaux et sont causés par la diffusion de prostaglandine dans le sang. Vous pouvez ne pas vous sentir en grande forme et ressentir également : 

  • des ballonnements ;
  • un mal de tête ;
  • une sensation de transpiration ;
  • un changement d’humeur…

L’endométriose : une maladie liée aux règles  

L’endométriose est une maladie gynécologique dont souffre 1 femme sur 10. Les symptômes surviennent au moment des règles et sont fortement invalidants :

  • dysménorrhée (douleurs au moment des règles) ;
  • dyspareunie (douleurs lors de rapports sexuels) ;
  • douleurs pelviennes et lombaires ;
  • troubles urinaires et digestifs (brûlures, mictions fréquentes, durant la selle) ;
  • infertilité dans certains cas.

Des fragments de la muqueuse utérine se retrouvent anormalement en dehors de l’utérus. Ils se déplacent et se greffent dans des organes voisins. Ces tissus utérins (ou tissu endométrial) se mettent à saigner aussi à chaque menstruation parce qu’ils réagissent aux hormones ovariennes comme le fait la muqueuse utérine.

En savoir plus : 

  • www.endofrance.org
  • https://www.inserm.fr/information-en-sante/dossiers-information/endometriose

Le vagin est autonettoyant

Le vagin élimine naturellement les bactéries qui peuvent être à l’origine d’infections. L’auto-nettoyage se fait pendant les règles, après chaque rapport sexuel et tout au long du cycle. Les douches vaginales sont à éviter pour préserver l’équilibre de la flore vaginale. Pour te laver : utilise un savon au pH neutre et évite le gant de toilette !

Les pertes blanches

Tu constates des écoulements blancs dans tes sous-vêtements. C’est ni dégoûtant, ni dramatique pour ta santé. Ce phénomène est normal. Si les traces sont jaunes, grisâtres ou les pertes blanches trop abondantes, il y a lieu de consulter un gynécologue ou un médecin généraliste.

Orgasmes clitoridiens ou vaginaux

On dit que certaines femmes sont clitoridiennes (elles atteindraient l’orgasme via leur clitoris) ; d’autres vaginales (plaisir suprême via leur vagin) : c’est une idée reçue.

En réalité, tout est plus complexe. À l’heure actuelle, il est difficile de déterminer la part de chaque zone dans le plaisir.

Ce qui est sûr, c’est que le clitoris est la zone la plus érogène chez la femme.

Le point G : mythe ou réalité?

Le point G ainsi nommé d’après Ernst Gräfenberg, gynécologue allemand qui l’a décrit pour la première fois en 1950.

Il serait situé à l’intérieur du vagin, à 3 centimètres de son entrée, côté ventre (le tissu y serait légèrement plus rugueux).

Son existence n’est pas démontrée. 9 femmes sur 10 n’auraient en effet jamais rien ressenti à ce niveau-là. Il faudrait le rechercher et le stimuler pour ressentir des orgasmes… Sujet à controverse.

Que la femme n’a rien à perdre à explorer son corps seule ou à deux.

Quand dois-je avoir mon 1er rapport sexuel ?

Il n’y a pas de règle ni de norme en matière de sexualité. 

Retiens avant tout que tu dois être consentante pour le faire et que ça te soit agréable et un bon souvenir !
Tu es la seule à décider si tu souhaites avoir ou pas un rapport sexuel.
Personne ne doit t’y forcer : ni ton partenaire, ni tes ami.es, etc. (chantage affectif, menaces, intimidations, etc.).

Pense à te protéger pour éviter les risques de grossesses non désirées, les infections sexuellement transmissibles (IST) : préservatif, préservatif féminin, pilule contraceptive, stérilet, etc.

Enfin, sache que tu peux ressentir des douleurs pendant l’acte et tu peux saigner légèrement, mais ce n’est pas systématique.

Mon copain·ine a envie de coucher… pas moi

Il ou elle veut avoir des rapports sexuels avec toi, voire insiste pour cela mais tu ne te sens pas prête ? Pour toi, c’est trop tôt dans votre relation, tu crains de passer pour une fille « facile » ? 

Que ce soit ta première fois ou non, sache :

  • qu’il n’y a pas de délai minimal respectable ;
  • et que tu dois être consentante pour apprécier ce moment avec ton ou ta partenaire. Si tu ressens une forme de pression, c’est que tu n’es pas consentante. Tu as le droit de refuser (lire article sur le consentement).
La masturbation : c’est quoi ?

La masturbation est une pratique sexuelle saine et normale même dès le plus jeune âge.
La masturbation consiste à exciter ses propres organes génitaux (clitoris, vagin, pénis pour les garçons…) de façon agréable.

Elle procure du plaisir.
C’est un acte intime qui se fait en privé. Que tu te masturbes ou pas, cela ne regarde que toi.

La masturbation est sans danger. Tu n’as aucun risque de tomber enceinte ou contracter une infection sexuellement transmissible.

Les raisons de se masturber 

  • Ressentir du plaisir.
  • Explorer son corps et sa sexualité.
  • Se détendre.
  • Aider à s’endormir.
  • Se sentir plus proche de son partenaire lors d’une masturbation mutuelle (lorsque les partenaires se masturbent en présence l’un de l’autre et sont tous les deux d’accord pour le faire).

Suis-je normale si je me masturbe ?

Oui. Ne t’inquiète pas. C’est normal et sain de se masturber mais ça ne regarde que toi. C’est une pratique courante mais à chacun sa fréquence. Certaines personnes ne le font pas du tout.

Quelle est mon orientation sexuelle ?

Tu te sens attirée affectivement et physiquement par une personne du sexe opposé, du même sexe ?

Tu peux avoir une orientation sexuelle (être attirée par les garçons et/ou les filles) même si tu n’es pas sexuellement active. 

L’orientation sexuelle peut évoluer au cours de sa vie.

Par exemple, tu peux te sentir attirée par des hommes à l’adolescence puis quelques années plus tard découvrir que ce sont les femmes qui t’attirent.

L’identité sexuelle n’est pas déterminée à l’adolescence une fois pour toute. Rien n’est définitif

Les différentes orientations sexuelles

Les hétérosexuels : désigne les personnes attirées par des personnes de sexe opposé (les femmes par les hommes, les hommes par les femmes. « Straights » en anglais) ;

Les homosexuels : désigne les personnes attirées par des personnes du même sexe.

Les lesbiennes sont les femmes attirées par d’autres femmes.

Les « gays » (en anglais) sont les hommes attirés par des hommes ;

Les bisexuels : personnes attirées par des personnes des deux sexes

Des signes qui t’indiquent si tu es lesbienne

Le fait que tu te sentes attirée par des personnes du même sexe. 

Des rêves homosexuels, tes fantasmes.

Le sentiment d’être différent de tes amis ou de tes camarades de classe.

Une expérience sexuelle.

Tu peux ressentir une certaine incertitude ou mal être (sentiment d’isolement, de honte, de peur) qui s’aggravent à cause :

la réprobation sociale concernant les homosexuels (harcèlement lien vers harcèlement) ;

un manque de connaissances ;

un manque de modèles homosexuels ;

le peu d’occasion de te sociabiliser avec d’autres adolescentes qui partagent les mêmes sentiments que toi.

À qui en parler ?

Pas facile d’annoncer son orientation sexuelle à ses parents.

On s’inquiète de leur réaction : vont-ils m’accepter ou me rejeter ? 

Tu peux te confier à une personne de confiance : un de tes parents, ton frère, ta sœur, un·e cousin·e, un·e ami·e, un·e professionnel·le du secteur social, etc. Parfois, les parents ont compris que leur enfant est homosexuel.

Tu peux l’annoncer quand tu te sentiras prête à le faire.
Certaines personnes ont annoncé leur orientation sexuelle à leur parent à l’âge adulte.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Consentement sexuel des adolescent·es

« Consentir » c’est donner son accord volontaire pour faire ou dire quelque chose.

Dans cet article, nous parlons de consentement sexuel c’est-à-dire quand chaque partenaire a envie d’avoir des relations sexuelles. Qu’il s’agisse de sexe vaginal, oral, anal, de masturbation mutuelle, de caresses, sexter, ou tout autre acte intime, il est important que chaque personne donne ou obtienne un consentement. Ce consentement doit être libre, clair et éclairé.

Le consentement peut se comprendre par des paroles, des gestes, des actes, des écrits. 

Si tu ne veux pas (tu n’as pas envie, tu ne te sens pas prête, tu n’es pas intéressée, etc.), il vaut mieux le faire comprendre à l’autre en le disant ou l’écrivant. Mais ce n’est pas toujours facile. Parfois, la peur paralyse et empêche les mots de sortir. La personne garde le silence. Dans ce cas, au partenaire d’être à l’écoute, de percevoir le malaise et de ne pas insister.

Le consentement est temporaire

Il est important que tu saches que le consentement ne se donne pas une fois pour toute. 

  • Tu peux consentir, un jour mais pas un autre. 
  • Tu peux consentir à certaines pratiques sexuelles, mais pas à d’autres. 
  • Tu peux changer d’avis au cours de l’activité sexuelle. Tu peux arrêter une activité, à tout moment, dès que tu le sens. 

Tu as le droit :

  • de dire oui à une sortie et non à une relation sexuelle ;
  • d’accepter un baiser et de refuser une relation sexuelle ;
  • d’accepter une pratique sexuelle aujourd’hui et de refuser cette même pratique un autre jour ;
  • de vouloir essayer une nouvelle pratique sexuelle et d’arrêter en cours si ça ne te plaît pas ou si tu ne veux plus ;
  • d’aller chez une personne après une soirée et de refuser d’avoir une relation sexuelle avec elle.

Si une personne te force à avoir des activités sexuelles, n’a pas obtenu ton consentement, il s’agit d’agression sexuelle (lien vers onglet Je suis mineure/ viols et agressions sexuelles).

Ce que dit la loi française

En France, en matière d’activités sexuelles, la loi considère qu’un·e adolescent·e peut consentir à des activités sexuelles. Si le ou la mineur·e a moins de 15 ans, son consentement n’est jamais considéré comme acquis.

Le consentement est invalide quand l’adolescent·e est en position de vulnérabilité ou de faiblesse par rapport à son/sa partenaire. Il y a un déséquilibre quand l’adolescent·e se trouve en situation de dépendance ou d’exploitation par rapport au partenaire qui est en situation d’autorité ou de confiance.

Exemples : 

  • l’adolescent·e est hébergé·e et n’a pas d’autre endroit où aller ;
  • l’adolescent·e est sous l’emprise d’un enseignant, un entraîneur sportif ou tout autre adulte qui a de l’influence sur elle ou lui (H ou F). 
Dans certaines situations, le consentement n’est pas valide.

Un·e des partenaires se sent obligé·e d’accepter :

On la ou le force physiquement ou la ou le menace ;

Un partenaire abuse de son autorité, ou il y a abus de pouvoir ou de confiance (supérieur hiérarchique, médecin, enseignant, etc.).

Un.e des partenaires accepte sans connaître certains risques encourus : quand l’un ment et expose l’autre à un risque de préjudice grave (cacher sa séropositivité au VIH, mentir sur la contraception, etc.).

Quand on est ivre, drogué·e, endormi·e, inconscient·e, il est difficile de donner son consentement.

Viols et agressions sexuelles

Les violences sexuelles se distinguent en deux catégories. Il y a les agressions sexuelles et les viols. 

Les attouchements sur les cuisses, les seins, les baisers forcés… sont des agressions sexuelles. Elles relèvent du délit sexuel selon la loi française.  

Le viol est considéré comme un crime. Il est puni par la code pénal (article 222-23 du Code pénal). Pour les adultes le viol est défini comme : « Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, ou tout acte bucco-génital commis sur la personne d’autrui ou sur la personne de l’auteur, par violence, contrainte, menace ou surprise est un viol. »

La loi française a évolué en avril 2021 et protège davantage les enfants

Pour les mineur.es (personnes âgées de moins de 18 ans), la loi considère que les circonstances d’un viol « violence, contrainte, menace ou surprise » ne sont plus les seules conditions.  

Aucun·e adulte ne peut affirmer que le/la mineur·e a donné son consentement sexuel s’il a moins de 15 ans. La question du consentement sexuel de l’enfant s’il a moins de 15 ans ne se pose plus. (sauf si l’écart entre les 2 est inférieur à 5 ans)

En cas d’inceste, l’âge de consentement sexuel est porté à 18 ans. Aucun·e adulte ne peut affirmer que le ou la mineur·e a donné son consentement sexuel s’il a moins de 18 ans.

Le délais de prescription

Le délai de prescription est fixé à 30 ans à partir des 18 ans de la victime, c’est-à-dire jusqu’à 48 ans.

Tu dois aussi savoir qu’il existe le principe de prescription glissante. Si un·e auteur.rice a agressé sexuellement ou violé un autre enfant par la suite, la prescription est alors datée aux 48 ans de ce 2e enfant. 

La loi française condamne les personnes qui n’ont pas dénoncé une infraction (maltraitance sur mineur dont elles avaient connaissance). Il s’agit du délit de non-dénonciation de sévices. 

Toute personne qui a connaissance d’un cas de privations, de mauvais traitements ou d’agressions ou atteintes sexuelles infligés à un·e mineur·e, doit le signaler aux autorités, même sans porter plainte. Le signalement peut se faire de manière anonyme. Et ce, quel que soit son lien avec la victime : personnel enseignant, proche, personnel hospitalier, personnel social… L’enfant peut également signaler lui-même sa situation ou celle d’un autre enfant qu’il connaît.

Le délai de prescription du délit de non-dénonciation de sévices est de 10 ans à partir de la majorité de la victime en cas d’agression ou d’atteinte sexuelle et à 20 ans à partir de la majorité de la victime en cas de viol.

Et entre ado. ?

Si la relation sexuelle est mutuellement consentie (lien vers consentement), que les partenaires ont moins de 5 ans d’écart, la loi n’intervient pas (par exemple relation entre un mineur de 13 ans et un jeune majeur de 18 ans).

Par contre, si la relation est non consentie, en cas d’inceste, de prostitution, cette clause dite « Roméo et Juliette » n’est pas valable.

L’inceste

L’inceste désigne les rapports sexuels entre deux personnes membres d’une même famille.
Leur lien de parenté rend le mariage interdit.

C'est quoi ?

Le membre de la famille peut être :

  • un·e ascendant·e (parents, beaux-parents, grands-parents, tuteurs) ;
  • un·e collatéral·e (frères, sœurs, cousins, oncles, tantes).

L’inceste peut avoir lieu quel que soit le milieu social, le niveau d’éducation des familles.

La violence sexuelle n’implique pas forcément une pénétration. Il peut s’agir de toute autre contrainte verbale, physique, ou psychologique : baisers, attouchements, exhibitionnisme, insinuations sexuelles répétées, usage de matériel pornographique, simulation de rapports sexuels…

Ce que dit la loi française

En France, s’il est commis sur un·e mineure, l’inceste est puni par la loi (par le Code pénal). Il n’est pas puni si la relation a lieu entre deux majeurs consentants.

Plus d’infos :

Les effets dévastateurs de l’inceste

L’inceste sur une personne non consentante est un acte grave qui a de lourdes séquelles pour la victime.  

L’inceste a des conséquences sur la santé mentale : 

  • flash-backs ;
  • amnésie ;
  • troubles du sommeil ;
  • stress ;
  • anxiété ;
  • dépression ;
  • idées suicidaires ;
  • perte d’estime de soi ;
  • phobies…
  • addictions
  • sexualité perturbée (hyper ou refus, absence) …

Les violences sexuelles dans l’enfance ont aussi un impact physique : 

  • pathologies de l’appareil uro-génital ;
  • migraines ;
  • troubles gastro-intestinaux ;
  • douleurs chronique ;
  • affections dermatologiques ;
  • fatigue chronique…

Les victimes doivent être aidées et prises en charge. Les troubles psychotraumatiques sont à l’origine d’une très grande souffrance mentale. Ils peuvent durer des années, des dizaines d’années, voire toute une vie. Suivre une psychothérapie et porter plainte font partie du travail de reconstruction. La victime peut porter plainte jusqu’à ses 48 ans. viols et agressions sexuelles

Harcèlements

Le harcèlement est une répétition de propos ou d’agissements dans le but de nuire à sa victime physiquement ou moralement. Il peut s’agir de violences physiques (bousculades, coups) ou verbales et/ou morale (surnoms méchants, insultes, moqueries, brimades, rejet du groupe, etc.), de vols.

C'est quoi ?

Le harcèlement est une atteinte aux droits et à la dignité. C’est une violence considérée comme un délit et punie par le Code pénal.

Quel que soit le type de relations entre l’auteur et sa victime (couple, voisins, élèves, collègues…) et le milieu dans lequel a lieu le harcèlement (famille, travail, milieu scolaire, etc.), la loi s’applique.

Les différentes formes de harcèlements

Harcèlement scolaire

Le harcèlement entre élèves dans l’enceinte ou en dehors de l’établissement a des conséquences graves sur l’élève victime : baisse des résultats scolaires, dépression, suicide. Il peut prendre la forme de cyber harcèlement.

En savoir plus : https://www.education.gouv.fr/lutte-contre-le-harcelement-l-ecole-289530

Harcèlement moral

Il y a harcèlement lorsque des agissements sont commis par une personne de manière répétée (commis au moins 2 fois, même espacés dans le temps à raison d’un intervalle de 2 ans maximum) et qu’ils ont des mauvaises conséquences sur la victime (sa santé physique ou mentale, avenir professionnel compromis).

Harcèlement téléphonique

Il s’agit d’appeler de manière répétée (harceleur·euse) une personne (harcelé·e) dans le but est de nuire à sa tranquillité alors qu’elle a exprimé son refus d’être appelée (appels muets, messages laissés sur le répondeurs, SMS, What’sApp…).

Harcèlement sexuel

Remarques gênantes sur sa tenue, son physique ou tout autre agissement répété à connotation sexuelle ou sexiste… le harcèlement sexuel est un délit puni par la loi.

Exemples de comportements répétés constituant du harcèlement sexuel : des plaisanteries obscènes, grivoises, sexistes, caresser les épaules, les cheveux, les mains, des demandes sexuelles explicites, des remarques sur le physique ou la tenue, Mise en évidence d’images, d’objets à caractère sexuel ou pornographique, des questions sur la vie sexuelle, des regards insistants, des actes sexuels mimés, des jeux de langue.

Cyber harcèlement

Le cyber harcèlement ou harcèlement en ligne est une forme de harcèlement qui empreinte les canaux numériques via Internet (réseaux sociaux, forums, vidéo, blog, messagerie …). Les propos peuvent être exprimés sous la forme de commentaires, vidéos, montages photos, messages insultants, obscènes ou menaçants. Le cyber harcèlement est puni par la loi qu’il soit public ou privé (entre amis sur un réseau social).

Harcèlement dans la vie privée, au sein du couple

Il s’agit de violence psychologique lorsque s’exerce du harcèlement moral au sein du couple. Cette forme de violence conjugale constitue un délit et punie par la loi.

Harcèlement moral au travail

Petites attaques répétées, demandes, critiques, réclamations sans raison, charge de travail excessive, dénigrement, brimades, humiliation publique, tâches dévalorisantes, privation d’outils de travail, pression disciplinaire, critique injustifiée, mesure vexatoire, agressivité, avertissements infondés, déclassement… le harcèlement moral au travail peut être commis par un collègue, l’employeur ou un supérieur hiérarchique. Les sanctions sont disciplinaires ou pénales si la justice intervient.

À qui m’adresser ?

Tes parents.

La direction ou le personnel enseignant de ton établissement.

Le 3020 : un numéro d’écoute national au service des enfants victimes et de leurs familles.

Net écoute, une plateforme dédiée au cyber harcèlement, joignable au 08020 200 000.

La police ou la gendarmerie.

Violences dans le couple

Quel que soit l’âge des partenaires, il peut y avoir violence envers la femme dans un couple. On parle de « violences conjugales » y compris chez les adolescent·es. 

La violence ce sont ces actes, propos et comportements où le partenaire ou ex-partenaire qui veut contrôler, dominer ou détruire l’autre. Il existe plusieurs formes de violences : physiques, psychologiques, verbales, etc.

Ces actes qui sont ni accidentels, ni isolés, sont interdits et punis par la loi.

Tous les exemples décrits peuvent aussi concerner des couples homosexuels

C'et quoi ?

Ces violences conjugales peuvent avoir lieu dès le début de la relation, après des années de vie commune, dans un contexte difficile (perte de travail, maladie professionnelle), au moment d’une grossesse, de la rupture ou après la séparation.

Ces violences concernent toutes les classes sociales et catégories socio-professionnelles. Il n’existe pas de portait type d’auteur-e-s et de victimes.

Les violences dans le couple créent un climat de peur et de tension permanent, dont les conséquences sont nombreuses pour la femme victime et les enfants.

Il fait ça : attention, vigilance

Il est important pour toi de savoir reconnaître les signes inquiétants qui annoncent un risque de basculement dans la violence.

  • Il fouille dans ton portable.
  • Il te demande tes codes d’accès.
  • Il espionne tes activités, notamment sur les réseaux.
  • Il contrôle tes fréquentations.
  • Il contrôle ta tenue vestimentaire.
  • Il te fait du chantage.
  • Il t’empêche de sortir.
  • Il t’oblige à faire l’amour.
  • Il te presse le poignet, le cou.

Si tu ne te sens pas en sécurité affective et physique avec lui. Il y a de quoi être très vigilante.

Plusieurs formes de violences existent et peuvent coexister

  • Les violences physiques (bousculades, coups avec ou sans objet, strangulations, morsures, brûlures, séquestrations, etc.) sont les plus connues et les plus visibles mais les violences peuvent se manifester autrement.
  • Violences verbales : injures, menaces, intimidations, dévalorisations, etc.
  • Violences psychologiques : humiliations, chantages, chantages affectifs, interdiction de fréquenter des amis, de la famille, etc.
  • Violences sexuelles : agressions sexuelles ou viols.
  • Violences matérielles : briser ou lancer des objets.
  • Violences économiques : contrôle, des dépenses, suppression de la carte vitale, des moyens de paiement, interdiction de travailler.
  • Violences administratives : confiscation de documents (carte d’identité, passeport, livret de famille, carnet de santé, diplôme, etc.).
  • Cyber violences : cyber contrôle, cyber surveillances à son insu, cyber violence sexuelle, cyber violence économique ou administrative, etc.

Conflit de couple et violences conjugales : deux notions différentes

Il est important de faire la différence entre une dispute ou un conflit et de la violence conjugale.

Dans une dispute, la mésentente est ponctuelle. Chacun exprime son point de vue dans un rapport d’égal à égal. 

Dans les violences conjugales, l’auteur cherche à dominer sa victime. Il refuse de considérer sa partenaire sur un pied d’égalité. 

Prostitution

C’est le fait qu’une personne ait à un rapport sexuel en échange d’une rémunération : argent, service, biens matériels et/ou de consommation (boissons, vêtements, sacs, téléphone, sorties, …)

Il peut s’agir : d’avoir un rapport vaginal, de faire une fellation, d’avoir un rapport anal ou tout autre acte sexuel…

C'est quoi ?

C’est une forme d’exploitation, de traite humaine et une atteinte à la dignité de la personne. La prostitution est considérée, en France, comme une violence faite aux femmes.

La loi française ne sanctionne pas les personnes qui se prostituent mais sanctionne les client-es, les proxénètes et les intermédiaires qui favorisent la prostitution (agences par exemple). Peu importe si la ou le prostitué.e est Français.e ou étranger.e. La justice française poursuit les infracteurs (personnes physiques et morales comme une agence de voyage) même si les faits sont commis à l’étranger, y compris les pays où la prostitution est légale.

L’amende est de 1 500 € si l’on recourt aux services d’une personne qui se prostitue. Elle  s’élève à 3 750 € en cas de récidive.

À qui m'adresser ?

UFM : 0596 71 26 26 (tapez 1) ou accueilfemme@uniondesfemmes-mq.fr

Numéro d’aide aux victimes et les proches : 116 006 

victimes@france-victimes.fr

Le Nid Martinique